Nous aurions pu reprendre nos amours d’autrefois…
Vous auriez pu me prendre encore entre vos bras,
Et j’aurais pu répondre, moi, à vos élans :
Nous aurions pu reprendre nos amours comme avant.
Nous aurions pu reprendre, où nous l’avions laissé,
L’instant qui nous voyait tous les deux enlacés.
Vos lèvres impatientes se posant sur les miennes…
Nous aurions pu reprendre nos amours anciennes.
Nous aurions pu reprendre le fil de ce passé
Qui, pour ténu qu’il soit, ne s’est jamais brisé.
Nous aurions pu laisser éclater la passion
Qui brûle encor en nous, après tant de saisons…
Nous aurions pu reprendre notre histoire au début,
Nous dresser face à face, cœurs battants, éperdus…
Nous serrer, nous étreindre, comme aux premiers instants…
Nous aurions pu tous deux redevenir amants.
Nous aurions pu, sans doute…Cela n’a pas été.
Vous n’avez pas voulu risquer de tout gâcher.
« Noun abrivan, chato, soyons patients tous deux,
Nous savons que nous pouvons encore être heureux ».
Oui, nous pouvons reprendre ensemble le chemin
Qui s’ouvre devant nous, en cadeau du destin…
Mais sans trop nous hâter. Puisque vous le voulez,
Attendons, moun gardian, nous nous aimons assez ! 
Nous avons pu reprendre nos amours d’autrefois,
Et je vous tiens, ma belle, à nouveau dans mes bras.
Nous avons renoué de nos amours la trame,
Puisque aujourd’hui, chato, j’ai fait de vous ma femme.
Nous avons pu reprendre le cours de cette histoire,
Bien qu’il m’arrive encore de ne pouvoir y croire.
Si je viens à douter, rien qu’un sourire, ma belle,
Me dit mieux que des mots que la chose est réelle.
Nous avons pu tous deux, au pas de nos chevaux,
Arpenter à nouveau les cailloux de la Crau,
Faire jaillir encor les eaux de nos estang,
Tandis que vos cheveux s’envolent dans le vent.
Nous avons pu encore sentir ces émotions,
Les mêmes que jadis, quand brûlants de passion,
Nous échangions des mots aussi tendres que fous.
Et le plus fou des deux…Non, ce n’était pas vous.
Nous avons pu enfin tous les deux nous unir :
Qu’importe désormais ce qu’il peut advenir ?
Rien ne pourra, chato, séparer nos deux mains,
Qui s’étreignent pour mieux vivre nos lendemains.
Nous pouvons maintenant dire oui à la vie.
Nous avons tous les deux une belle famille.
Nous pouvons sans trembler au malheur dire non :
Nous le pouvons, ma belle, puisque nous nous aimons.
