
Vous le dites vous-même, et vous avez raison :
"J'ai les larmes les plus mal à propos qui soient !"
Elles sourdent toujours, pour un oui, pour un non,
Quel qu'en soit le motif, et même...oui, pour moi.
Sous un vieil olivier, qui nous vit échanger
Eperdus l'un de l'autre, serments fous et baisers
(Fous, nous l'étions tous deux, vous en souvenez-vous?)
"Vous m'aimerez toujours?" "Oui, toujours, plus que tout !"
Quand je vous ai tenue entre mes bras serrée,
J'ai cueilli sur vos joues des perles de rosée.
Je voulais tout avoir, votre coeur, vos pensées,
Et même davantage. J'ai été le premier
A mettre dans vos yeux, en gerbe d'étincelles,
En revoulunado, des émotions nouvelles
...(en tourbillons)Des larmes à nouveau -vous disiez de bonheur-
Des larmes tout de même, jaillies de votre coeur.
J'ai plongé un regard attendri et jaloux
Dans vos yeux, ma chato, vos yeux de brun velout.
(velours)Et j'ai vu mon reflet dans ces yeux trop brillants,
Où des larmes perlaient ainsi que des diamants...
Mais le sort a frappé, nous nous sommes perdus,
Et vos larmes amères, je ne les ai pas vues.
Ces larmes que sur nous vous avez dû verser,
Que j'aurais tant voulu empêcher de couler...
Et pourtant, moun amour, ma belle, je devine
Qu'elles coulaient, serrées, ainsi qu'une pluie fine.
Il m'arrivait de faire un doux rêve insensé :
Vous étiez devant moi, et vous me reveniez...
Qu'il était douloureux, le réveil, car toujours
Je voyais m'échapper tout espoir de retour.
Ce rêve où vous étiez toujours inaccessible,
Il n'est pas si longtemps, est devenu possible.
Nous voilà réunis, ainsi qu'aux jours heureux,
Et de nouveau des larmes ont coulé de vos yeux.
Vous ne changerez pas, vous resterez la même,
C'est aussi pour cela, ma douce, que je vous aime.
Nous sommes tous les deux, je dis "Je vous adore",
Malgré cela, Mildiou ! Vous, vous pleurez encore !