Le soir tombe déjà, lorsque sur la terrasse,
Je m'avance vers lui, nous voilà face à face.
Il souffle tendrement, dans la langue que j’aime,
De ces mots surannés dont l’amour est le thème,
Comment lui résister, et peut-on rester sage ?
Je le sens caresser doucement mon visage…
Puis un baiser venant se poser à mes lèvres,
Embrase tout mon sang et me donne la fièvre…
Je me sens envahie et je ferme les yeux,
Soucieuse de goûter à l’instant délicieux,
Où délaissant enfin mes boucles emmêlées,
Dont il a tant joué, qu’il a tant taquinées,
Il s’en viendra glisser, jusque sous mon jupon,
Puis sous mon caraco, ses élans polissons….
Mais voici qu'une main, posée sur mon épaule,
-Bien réelle, celle-là ! - chasse le fils d’Eole :
«Eh, vous rêvez, ma belle ? A qui souriez-vous ? »
« Je souris au mistral….et je rêve de vous ! »