Au tombeau de mes peines
Sur l'étendue des noires pensées
J'étendrai le linceul sur les scènes
Qui demeureront passées, à jamais
Au tombeau de mes peines
Gravées sur le bloc froid du marbre
Les lettres d'un alphabet miséreux obscène
Qui ne suffirait à la mémoire des combats qui délabrent
Au tombeau de mes joies
Sur la terre des rires enjoués
J'étendrai un rideau de lourds effrois
Qui restera sempiternel pour me glacer
Au tombeau de mes joies
Gravées autour de statues de corbeaux
Les lettres qui ne diront aucun nom, aucune foi
Qui ne restaureraient la vérité, il ne persiste que le faux
Au tombeau de nos folies
Au tombeau de nos envies
Au tombeau de notre passé
Au tombeau de notre fierté
Au tombeau de poussière
Au tombeau de l'oubli
Au tombeau de la lumière
Au tombeau de la vie