V'là t'y pas qu'elle vint me parler... Moi difficilement accroché aux amarres de ce zinc dont je n'ai lâché les amarres depuis l'aube, rescapé de la marée ; v'là t'y pas qu'elle veut parler pour que nous causions de mes poses éperdue qu'elle pertube ! Mes plages de méditations profondes et éperdues... Et si on parlait ?
Parler de quoi ? Le mots ont-ils encore un sens ? Tes mots ne font autant de bruit que le fracas des vagues dans le silence de ma vie que j'emplis d'embruns, perdus aux limites de mon monde connu... de mon Zinc ?
Pourquoi parler ? Que dire et même que lâcher... que ma plume qui me targue, à chaque rature de mon incompétence, de ne lâcher que l'essentiel et ne cesse de ne pas me laisser un répis, un moment de satisfaction.
Jour de tempête sur ce port de fin du monde, sur ce coin de lune accosté par beau temps. Plein le dos, plein mes mots, emplis de ces verbiages qui ont habillé l'ossature de ma vie sans charnel, sans plaisir, sans irresponsabilité et sans plaisir depuis tant de temps.
Mais laisse moi pleurer ! Je veux pleurer. Je ne veux pas être compris. Je ne veux pas être consolé. Mais vas-tu me laisser tranquille ?
Et si on parlait ? Et si nosx n'avions pas mieux à faire pour les trois jours et quatre nuits qui nous attendent, blottis dans ce quart de lune rayonnant sous la furie de l'océan? Et si,si,si...
Et si tu me foutais la paix ? Et si,si,si... rien !
Et si rien pourquoi commences-tu à le remplir ce "rien" ? Quelle volonté de de combler absolument mon vide ? Je suis là. C'est tout. Et ce n'est pas rien.
Et si on parlait ?
Et si nous ne parlions pas ? Serait-ce le véritable dialogue ? J'aime tes mots : ils m'inspirent les meilleurs de mes silences. Et si tu parlais ?
Parlons...