| | Prémices au pire à venir (II) | |
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Huor Flamme du forum.


Nombre de messages: 1187 Age: 37 Localisation: Entre Versailles et Brest Date d'inscription: 17/03/2008
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 | Sujet: Prémices au pire à venir (II) Mar 14 Avr 2009 - 23:06 | |
| Une ville portuaire la nuit, beaucoup plus belle que le jour. Une population plus intéressante aussi. Des marins à moitié ivres ou en devenir. Des demoiselles dans un état proche des marins ou des fêtards qui flânent ça et là. Je me suis promené le long de la côte toute la journée malgré la bruine et me voilà tout détrempé. J’ai croisé des familles, des couples ou des personnes seules allant où les mènent leurs pas, comme moi (ou presque). Un clochard m’accoste à proximité de la criée. Sortant de cartons sales ; le regard vitreux d’un poisson sorti de l’eau depuis des jours, mort depuis si longtemps qu’il ne s’en est pas rendu compte lui-même. De qui provient cette odeur insupportable ? Une pièce pour manger ? Peut être une pièce pour boire ou que sais-je. Cela ne me regarde pas. Je ne lui témoigne pas la moindre attention. Il insiste, me touche le bras de sa nageoire puante. Je ne supporte pas cette emprise, moins que l’odeur qu’il dégage. Pourquoi certaines personnes ne savent-elles pas se contenter du refus ou du dédain. Soit, nous sommes proches du quai. Je saisi l’homme au poignet et pose mon autre main au niveau de son coude du même bras. Un étonnement dans son regard quand il me lâche en poussant un cri de douleur due à cette clef de bras qui m’étonne moi-même. Aucune résistance possible. Arrivés au bord du quai, une poussée suffit pour me défaire de ce fardeau. Un joli plongeon. J’entends une sorte de plotch plutôt qu’un plouf suivi d’un râle étouffé. La marée doit être basse. Le clodo se débat dans la boue dans des vêtements se couvrant de terre marine ne faisant pas tâche avec la crasse habituelle et qui oserais je dire lui donne un certain cliché. Une gaffe à mes pieds, le clochard tente de se dépêtrer des sables mouvants. Il est choqué, peut être la chute ou les restes d’alcool… La gaffe entre mes doigts, je lui pique le haut du crane pour lui enfoncer la face dans la terre mouillée. Est il si jeune que la fontanelle est encore légèrement molle ou est ce que ma perche est acérée à ce point que au bout de quelques piques le crâne commence lentement à se désagréger permettant ainsi aux vaisseaux sanguins de laisser échapper le fluide vital alcoolisé. Tiens une touffe de cheveux encore accrochés à un morceau de crane. Quelle blancheur que cette partie d’ossement, un blanc immaculé bientôt Sali par la boue. Cette boue emplie d’eau, probablement la première eau que voit le corps de cet homme. Peut être la puanteur en sera-t-elle atténuée. La face de l’homme dans la glaise, ma gaffe plantée dans sa tête, plus de soubresaut ou quelque autre réflexe vinassés. Je retire mon arme de mort. Un léger bruit de sucions me rappel mon enfance lorsque j’aimais téter ma tétine. La terre à mes pieds mélange de terre et de sang ressemble au ciel étoilé avec ses morceaux de crane et de cervelles constellés. Je ressemble à mon puant ainsi couvert d’alluvions. La pluie fine continue de tomber du ciel me lavera de cet homme malodorant et sale. Je fais le tour de la digue à sec pour me retrouver sur le retour bien loin de mon enterrement clochardesque, le bout d’une gaffe dans la poche de ma parka. Un rapide retour à la maison, histoire de déposer la gaffe à coté de mon coffre à trésors et de prendre une douche citronnée et me voilà de retour vers le port. Le cadavre aura disparu avec la marée et sera surement en parti dégusté par les crustacés et autres habitants de la mer.
Je reviens donc vers le port et croise une femme portant ce que je pense être son enfant dans ses bras. Le genre d’enfant pleurant en permanence qui ne donne pas envie d’en pondre à moins de le faire élever par quelqu’un d’autre jusqu’à un âge où il n’est plus question de couches, de pleurs ou autres tracas dus à la petite enfance. Un enfant obéissant, calme et affectueux. Un enfant qui me ressemblerait quoi … J’entends donc ce marmot pleurant à mon passage. J’ai un vague souvenir de mon enfance quand une portée de chatons venant de naitre faisait la rage de mon paysan de voisin par leur bruit et leur présence. Il devait y avoir quatre ou cinq chatons tous plus magnifiques et mignons les uns que les autres. Leur mère soucieuse de les déplacer dans sa gueule d’un endroit protégé vers un autre plus calme. Je revois ce paysan ayant réussi à faire fuir la mère, prenant un par un ces chatons innocents par les pattes arrières, leur faisant faire un vol par-dessus sa tête pour leur exploser la nuque sur l’arrête du trottoir dans un craquement d’ossement identique à des coquilles d’œufs qui tombent sur le parquet de la cuisine quand la cuisinière est maladroite. Ces mêmes petits chats si mignons finissant sur le tas de fumier non loin du chemin. Pas de soucis d’odeurs de chairs pourrissantes, la puanteur du fumier éradiquant n’importe quel autre parfum. Cette pensée me vient à l’esprit face à cet enfant bruyant et pleurnichant, l’imaginant à la place des chatons au dessus de ma tête et s’écrasant sur le trottoir pour finir sur un tas de merde. Le souvenir de leur mère également. Cela fait que le souvenir ne connaitra pas de remake, la maman de l’enfant n’aura pas le même regard que la chatte perdant ses petits. Je passe mon chemin. Un peu de calme me fera du bien. Pourvu que personne ne m’importune, à moins que …
Je me réveille le lendemain matin sur mon tapis du salon, un passeport dans la main. Bernard, ainsi son prénom était Bernard. Je l’ai croisé sous un lampadaire vêtu d’un complet, portant une valise, le mégot d’un cigare à deux sous à son pied. Dans sa candeur, il a du penser qu’il pouvait salir les rues de ma ville sans se soucier d’autrui. Oui, ma ville ! Celle qui m’avait vu naitre, grandir, m’épanouir… Ma ville, ma mère, ma femme, ma confidente, ma biche, mon amour. Je m’approche de cet homme pour le sermonner d’avoir osé salir ce lieu sacré à mon cœur mais que ne m’entends je me dire avant d’avoir pu prononcer le moindre mot à cette face de rat, ce charognard : « Salut, je me suis égaré dans cette ville de merde qui pue le goémon. Ce n’est pas parce que c’est l’hiver qu’il ne doit pas y avoir de soleil ici. Quoi que la chaleur pourrait exhumer les odeurs de poissons et autres produits des égouts qu’enfante cette ville. Tu pourrais pas m’indiquer le chemin de la gare ou d’un hôtel pour pioncer ? » Le substrat de ma raison vient de disparaitre à jamais face à cet être, le plus grossier, irrespectueux qu’il m’est été donné de croiser. Le concret de cette situation fait également volé en éclat l’existence de l’être abstrait qui se tient face à moi. La rue étant en descente, il ne m’est pas très difficile de déséquilibrer le malandrin. Un coup de pied dans la rotule, un bref bruit de biscotte que l’on casse, un cri précédant la chute dans la rue et me voilà en train de suivre l’homme dans sa recherche de stabilité tout en dévalant la rue. Son crane heurtant de ci de là le rebord du trottoir ou tout autre obstacle sur son chemin. Sa façon de se tourner sur lui-même en dégringolant me fait soudain penser à une saucisse que l’on retourne sur la grille du barbecue. Prenant des couleurs et lâchant du jus au fur et à mesure de l’avancée de la cuisson. Le bouquet final de cette géniale chute est de voir le corps de cet insolent rougi de son propre sang, noirci de la poussière de la ville, ma ville ! Tente-t-il de dire quelque chose ? Quoi qu’il en soit son dernier souffle est une sorte de « bof ». Peut être n’est ce pas ce qu’il voulait prononcer mais cela convient très bien à un tel crétin. Je laisse son corps sur place, à la merci des rats, mouettes ou autres animal errant. Je garde la valise en souvenir et dedans y trouve un passeport à son nom. Bernard, ainsi son prénom était Bernard. Deux trophées dans la même soirée plus un vague souvenir de chatons ; la veille fut prolifique. Où ai-je mis mes médicaments ? Cette mémoire, foutu mémoire ….. |
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Linda Flamme du forum.


Nombre de messages: 9522 Age: 38 Localisation: Là où je ne veux plus me cacher.... Date d'inscription: 14/03/2008
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Huor Flamme du forum.


Nombre de messages: 1187 Age: 37 Localisation: Entre Versailles et Brest Date d'inscription: 17/03/2008
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Linda Flamme du forum.


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Huor Flamme du forum.


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tari minyatur Flamme du forum.


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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 16 Avr 2009 - 13:28 | |
| ben moi j'ai bien aimé requiem!!! Pauvres chattons!!!  |
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Huor Flamme du forum.


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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 16 Avr 2009 - 14:02 | |
| C'est vrai, ce n'est pas bien de faire du mal aux animaux... EH Willy, Kate, il est où le petit chat ? |
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Linda Flamme du forum.


Nombre de messages: 9522 Age: 38 Localisation: Là où je ne veux plus me cacher.... Date d'inscription: 14/03/2008
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papillon noir Petite flamme.


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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 16 Avr 2009 - 21:04 | |
| bonsoir huor je découvre avec ravissement ton écrit qui m'a beaucoup plu, ton encre noire a parfaitement noircie la feuille d'une histoire assez macabre et en même temps humoristique, l'imagination que tu transmet est assez étonnante et vivace j'aime les comparatifs que tu emploies en mélangeant réalité et fiction bisousssssssssssssssssssss  |
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Huor Flamme du forum.


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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Ven 17 Avr 2009 - 15:40 | |
| Ah bon ? Merci .... Mais où commence la fiction et où se termine la realité ?  |
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Linda Flamme du forum.


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Huor Flamme du forum.


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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Ven 29 Mai 2009 - 11:28 | |
| Tiens mon prochains souvenir sera un dentier, riche idée |
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Linda Flamme du forum.


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tari minyatur Flamme du forum.


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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 13 Aoû 2009 - 12:51 | |
| Eté meurtrier ou farniente pour l'horrible Jojo ?
à quand la suite ?
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Huor Flamme du forum.


Nombre de messages: 1187 Age: 37 Localisation: Entre Versailles et Brest Date d'inscription: 17/03/2008
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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Sam 12 Sep 2009 - 10:39 | |
| En ai fait une avant de te répondre, maintenant c'est fait bisous  |
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reveuse Flamme du forum.


Nombre de messages: 1068 Age: 22 Localisation: sur son nuage Date d'inscription: 15/03/2008
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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Mer 17 Fév 2010 - 14:11 | |
| Je suis embarquée,subjugée et terrifiée par ce personnage...sombre bien sombre comme il convient... |
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Melany Flamme du forum.


Nombre de messages: 4739 Localisation: Au bout du Monde ! Date d'inscription: 21/04/2008
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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 18 Fév 2010 - 16:35 | |
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Huor Flamme du forum.


Nombre de messages: 1187 Age: 37 Localisation: Entre Versailles et Brest Date d'inscription: 17/03/2008
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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 18 Fév 2010 - 16:57 | |
| Je décline toute responsabilité si tu fais des cauchemars  |
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Melany Flamme du forum.


Nombre de messages: 4739 Localisation: Au bout du Monde ! Date d'inscription: 21/04/2008
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 | Sujet: Re: Prémices au pire à venir (II) Jeu 18 Fév 2010 - 17:15 | |
| Trop tard, t'avais qu'a pas écrire ce roman Huor ... Mais non je rigole !!  |
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